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La légende des trois tours : Sadia et Faros
Un voyageur qui viendrait à Thalaresh pour la première fois pourrait ouvrir cette petite porte un peu cachée dans l'avenue de la soif. Il y découvrirait une assemblée de nobles vieillards et le rituel pourrait commencer. Toujours le même, c'est qu'à un tel âge, on a ses petites habitudes. 
 
- Entre voyageur ! viens donc t'asseoir près de nous et prends un verre ! Nous sommes la mémoire orale de la cité, nous aimons raconter ses légendes et ses petites histoires. Es-tu intéressé ? 
 
Pour l'étranger, pas deux solutions, juste se poser sur des coussins et écouter. Il faut dire que dès son entrée, les nobles vieillards fermeraient la porte. Ayant trouvé un public, ils le garderaient de gré ou de force. 
 
- Ce soir, juste pour toi, nous allons te conter la légende des trois tours. On la raconte couramment aux jeunes gens trop fougueux. Pour les mettre en garde, pour qu'ils comprennent. 
 
Un autre doyen prendrait ensuite la parole, souvent le plus vieux d'entre eux. 
 
- Cela se passait il y a très très longtemps avant même la cité détruite par Anibas, du temps de la toute première ville. A cette époque lointaine, elle ressemblait peu à l'actuelle, la vie y était plus souterraine et les murailles n'étaient qu'une palissade de bois. Deux jeunes gens vivaient alors, beaux, impétueux et habiles aux armes. L'une était Sadia, l'autre Faros. Il vint un jour où ils se rencontrèrent et comme il arrive si souvent, l'amour jaillit entre eux. Un amour fort, indestructible plein d'émulation mutuelle. Ils étaient tellement amoureux qu'ils ne se quittèrent plus et les premiers temps, ils vécurent l'un de l'autre. Mais les jours passèrent et ils étaient plein d'énergie. Il leur fallait trouver quelque chose pour la dépenser.  
 
- Adroits aux jeux des armes, ils se mirent à se lancer des défis. C'était à celui qui réussirait les missions les plus osées, les plus folles. Ils n'étaient pas intéressés de savoir qui était le plus fort, mais à trouver toujours plus difficile. Les minutes, les heures, les jours se succédèrent, chacun plus risqué que le précédent. Seulement, il arriva un temps où ils ne trouvèrent plus de challenges à relever et ils recommencèrent à s'ennuyer. Ce fut Faros qui eut l'idée ultime. Celle qui surpassait toutes les autres en termes de difficultés et de dangers. Puisqu'ils avaient tout tenté, il ne leur restait plus qu'à défier Anibas lui-même. Ne s'étaient-ils pas prouvé qu'ils étaient les plus puissants, même un Dieu ne pourrait résister à leurs forces cumulées. 
 
- Un jour, à l'aube, à cette heure entre chiens et loups, ils se mirent en route, armés de leurs épées, de leur volonté et de leur amour. Il ne leur fut pas ardu de dénicher Anibas car celui-ci ne se cachait point. Curieux, ils attendaient ces petits êtres humains qui se pensaient plus fort que lui. 
 


A cet endroit de la légende, souvent, le vieillard marquera un silence entendu. Ils se regarderont tous et secoueront la tête d'un air fataliste. Puis le récit reprendra. 
 
- A peine en présence du Dieu, le combat commença. Et le combat fut court, nul ne peut se croire supérieur à un Dieu et l'issue en fut la défaite pour les deux jeunes amants. A genoux, vaincus, ils regardaient Anibas et celui-ci prononça leur malédiction : 
 
"Vous qui avez voulu m'affronter, vaniteux petits humains, vous serez punis. Pour le reste des temps, vous deviendrez les protecteurs de cette ville que vous avez quitté, mais afin que vous réfléchissiez toujours à votre erreur, vous ne pourrez plus jamais vous rejoindre." 
 
L'être suprême regarda ensuite un petit homme qui les avait accompagné, un témoin qui pourrait attester de leur vaillance. 
 
"Et toi, stupide petit mortel qui a cru en leur projet insensé, tu seras pour toujours ce témoin dont ils pensaient avoir besoin". 
 


- Sur un geste d'Anibas, les trois personnages disparurent pour se retrouver aux portes de la cité. Sadia était devenue la tour gauche, Faros la tour droite. Entre eux, la troisième tour, le témoin de leur folie qui les empêchait pour le reste des temps de se rejoindre. 
 
- On raconte que parfois, certains soirs, on entend les amants murmurer, ils s'appellent en plaintes déchirantes. Mais si on veut surprendre les paroles, on n'entend plus que le vent. 
 


Lorsque l'assemblée de vieillards aura terminé son récit, ils te mettront à la porte voyageur. C'est qu'à cet âge, il ne faut pas traîner pour se coucher.
10 Mai 2012
Admin · 2 vues · 0 commentaires
Catégories: Thalaresh
L'aile brisée
Un oiseau est posé, tapi sous une souche,
Son aile s'est brisée et tombe tristement ;
Un renard affamé s'approche en garnement
De l'oiselle affligée en ouvrant grand la bouche.

Le ciel a pris couleur du soleil qui se couche,
Un sang clair qui caresse un nuage un moment ;
Le crépuscule change un arbre en monument
Et la brume répend sa fine et froide couche.

Un bruit se fait entendre, une étrange oraison
De prédateurs cruels, tous au diapason
Du linceul de la nuit et sa suite funeste.

L'hirondelle n'est plus, juse une plume au sol,
Un rêveur la ramasse et dans un dernier geste,
L'envoie au gré du vent pour un ultime vol.
06 Mai 2012
Admin · 6 vues · 0 commentaires
Catégories: Poèsie
Déchéance
Il est un cul-de-sac où se croisent la crasse
Et une odeur d'urine agressant nos poumons,
Tandis que les cafards, sourds à tous les sermons,
Se repaisent, joyeux, de l'atmosphère grasse.

Au milieu du fatras, un ivrogne embarasse,
Criant, pleurant, grognant et nous, fous, acclamons
Le pitoyable excès aux senteurs de limons,
Rejeton de l'alcool qui sournois le terrasse.

Dans un autre recoin, gît un jeune hébété,
un illusoire Eden, malheur d'une cité
Et nos coeurs sont en sang pour l'enfant qui se pique.

Quand au poète, il erre en mondes virtuels
Qu'il crée à son idée, un espace utopique,
Mais un lieu protégé des coups du sort cruels.
06 Mai 2012
Admin · 6 vues · 0 commentaires
Catégories: Poèsie
Brouillard
Le brouillard emprisonne une maison chétive,
L'enserrant de ses bras, froids, pesants et musclés
Et pour être à l'abri, on s'y enferme à clés,
Tandis qu'au loin, résonne une sombre invective.

Cet air qui empoisonne, autour de nous s'active
Pour transformer nos coeurs (papillons épinglés)
En affreux ornements d'un livre de cinglés,
Aux joyeuses couleurs, mais à l'âme rétive.

L'invisible horizon caché par des murs gris
Relâche son angoisse et détruit les grigris,
Ceux qui ne protégeaient que si peu l'espérance.

La pendule épuisée accorde son soupir
Au murmure du feu au bout de son errance
Et le poète en spleen, lui, peine à s'assoupir.

02 Mai 2012
Admin · 12 vues · 0 commentaires
Catégories: Poèsie
La mort d'un chien
Dans un panier râpé, mon chien paraît menu ;
De sa gueule, s'écoule une bave sanglante
Et son coeur fatigué survit comme une plante,
Alors qu'un oeil vitreux implore l'âme à nu.

Le vol des mouches suit un air malvenu ;
Une inspiration, d'autres en déferlante ;
Un faible cri traduit sa lourdeur accablante
Et puis, d'un coup, plus rien, le silence est venu.

Il est étendu là, paillasson inutile ;
Déjà le sang s'assèche, et une larve hostile,
Nouvellement éclose, entame son repas.

Un être sombre observe, attristé, les agapes
Enviant un destin qui finit en trépas
Puis, se détournant, cherche à le couvrir de nappes.
25 Avr 2012
Admin · 66 vues · 0 commentaires
Catégories: Poèsie
Fille de joie
Un poète, en passant, aperçoit en miroir
La femme assise, offerte, à des regards en nombre ;
Certains sont curieux, d'autres tapis dans l'ombre
Ou bien accusateurs, tandis que vient le soir.

Le visage amaigri, aux cils repeints en noir,
Tente un sourire amer qui fait son oeil plus sombre
Pour en amener un vers un lit qui l'encombre,
Gagner deux trois billets dans sa vie en mouroir.

A l'entrée, un cerbère attend, froid et macabre,
Le paiement du service, concédé sans palabre
Par une infortunée, esclave du plaisir.

Le chantre s'y est vu, une image funeste,
Reflet d'une pensée au mal qui la moleste ;
Les deux sont sans espoir, un karma sans désir.
23 Avr 2012
Admin · 65 vues · 0 commentaires
Catégories: Poèsie
Le vieux

Il erre dans la ville en habits noir de deuil,
Tandis qu'un vent froid souffle à vous glacer la face ;
On ferme un peu les yeux, que sa douleur s'efface
Et son pas s'éloignant soulage notre seuil.

A son veston, il porte un modeste glaïeul
Et sous son crâne las, tous les jours, il retrace
Un chemin bien trop long qui l'a rongé vorace ;
C'est qu'il en a des ans, lui qu'on nomme l'aïeul.

Un arbre mort, tout près, lui fait une courbette,
Saluant son jumeau passant sous une aubette,
Où patiente un quidam égoïste et transi.

Le poète, en croisant ces choses surannées,
Y voit son coeur âgé, d'un millier d'années ;
Son corps n'est pas si vieux, mais lui se sait moisi.


19 Avr 2012
Admin · 65 vues · 0 commentaires
Catégories: Poèsie
Les trois cloches
Écoute-la sonner en ce matin pascal,
C'est la cloche au passé, massive et qui se cache,
Elle est ici pour toi, toute entière à sa tâche
Pour te remémorer qu'un jour tu fus sans mal.

Entends-tu maintenant ce son un peu bancal,
C'est la cloche au présent, furtive et bien trop lâche,
Elle aimerait sauver une âme qui se gâche
Dans de faux univers, un milieu carcéral.

Entrevois pour finir cette image brouillée,
C'est la cloche au futur, solitaire et souillée
Qui te montre la fin d'un être perverti.

Trois cloches dans ton ciel pour t'indiquer la route,
Ce sont celles du temps que l'avisé redoute,
Sans un oeuf à offrir, mais d'un conseil serti.
12 Avr 2012
Admin · 65 vues · 0 commentaires
Catégories: Poèsie
Le soulier troué
La pluie au sol pénètre un soulier troué
Oublié dans un coin, près d'un sale portrait,
Par un propriétaire, anonyme et distrait,
Le livrant à la mort, un destin enroué.

Voilà peu, innocent, un chien s'est ébroué,
Rajoutant la vermine à des maux sans attrait ;
Un vent glacé l'atteint dévoilant un extrait
De l'enfer dans lequel il sera écroué.

La vie est souvent dure et le sort bien cruel
Pour les princes déchus, entrainés en duel
Et qui perdant chaussure y perdent leur honneur.

Le mot peine à décrire l'écho sombre et plaintif
Perçu entre un poète (aigri, triste et chétif)
Et ce soulier brun, accessoire mineur.
02 Avr 2012
Admin · 90 vues · 1 commentaire
Catégories: Poèsie
1. La rime
Lorsque l'on s'essaye pour la première fois à la poésie un tant soit peu classique, la première chose à laquelle on fera attention, sans trop savoir pourquoi, mais parce que "rimes" égale "poésie", ce sont donc les rimes.

Je ne vais pas explorer l'histoire de la rime depuis ses premières apparitions, cela n'est pas mon propos et je laisse ça aux linguistes et aux historiens de la poésie, je vais me contenter de décrire les rimes selon leur qualité, leur genre ou leur nombre.

La première chose à savoir est : "qu'est-ce qu'une rime ?"
Une rime est un son commun qui terminera deux (ou plus) vers. Lorsque l'on parle de sons communs, il faut faire la différence entre "assonance" et "rime".
Une assonance aura un son voyelle ou diphtongue ("an", "in" par exemple) commun avec le dernier mot d'un autre vers.

Exemple : 
Lorsque tombe la neige blanche
Plus rien ici ne me dérange

Ici le son "an" se répète sur la fin des deux vers, mais la consonne qui suit est différente.
Dans une rime, ce son voyelle ou diphtongue doit être également commun, mais la consonne qui suit doit l'être aussi.

Exemple :
Lorsque tombe la neige blanche
Mon toit perce et n'est plus étanche

Le son "an" est suivi du son "g".

A noter que si la lettre ou le son se prononce différemment, la rime est mauvaise.

Exemple :
mange et mangue ne riment pas puisque le "g" se prononce différemment.

La qualité des rimes
Une rime peut être de qualité pauvre, suffisante ou riche. Cette qualité est déterminée par le nombre de sons communs entre deux rimes.
Une rime pauvre est une rime qui ne comporte qu'un son commun, ce son étant une voyelle ou une diphtongue. Les sons les plus pauvres étant les sons "é" et "i". Certains avancent que ces deux sons utilisés seuls ne doivent pas être considérés comme des rimes vu l'abondance des mots se terminant ainsi. Personnellement, je n'y vois pas d'obstacle, le son étant là, la rime est là.

Exemple :
Ce matin je me suis levé
Le spleen au coeur et déprimé

Une rime suffisante est une rime qui comportera deux sons communs. Une voyelle ou diphtongue et une consonne. La consonne pouvant être avant ou après la voyelle ou la diphtongue.

Exemple :
Ce matin je me suis levé
Bien heureux car j'avais rêvé

Content, j'ai ouvert le journal
Sur un beau cliché minéral

Le premier exemple possède la cosonne avant la voyelle, le deuxième après la diphtongue.
Certains, dont je fais partie, sont d'avis que la rime est meilleure si la consonne précède la voyelle ou diphtongue. Cette rime est parfois qualifiée de riche. Personnellement, je la qualifierais de suffisante-riche.
Lorsque la consonne précède, on parle de consonne d'appui.

Une rime riche est une rime avec trois (ou plus) sons communs.

Exemple :
Ah ! Que cet être était cruel
Ne vivant que pour le duel

Il cherchait fourbe et indiscret
A garder pour lui son secret

Dans les deux exemples ci-dessus, on retrouve le même schéma que pour les rimes suffisantes. Le premier est sans consonne d'appui, le deuxième avec. Ici aussi, la consonne d'appui donne une rime de meilleure qualité.

Concernant les sons des rimes, il faut bien faire attention à ne pas confondre certains sons prononcés, suivant les régions, parfois différemment. Ainsi le son "è" et le son "é" sont souvent confondus.

Exemple :
Vers le lointain, je m'en irai
Sauf si tu me l'interdisais


Le premier se prononce "é", le deuxième "è". Dans cet exemple la rime n'en est pas une.

On  peut également classifier les rimes en deux autres sortes. La rime pour l'oreille, indispensable, et la rime pour l'oeil.
La rime pour l'oreille ne s'intéresse qu'au son, qu'importe la façon dont il s'écrit.

Exemple :
Vers le lointain, je m'en irai
En train, à cheval ou à pied


La rime pour l'oeil, en plus d'être pareille à l'oreille est pareille à la vue.

Exemple :
En train, à cheval ou à pied
Je m'en irai comme il me sied


Certains prétendent que certaines finales peuvent rimer ensemble à la vue comme le mot "nez" avec les finales en "és". Personnellement, je pense que si l'on veut travailler en rimes pour l'oeil, il vaut mieux que celles-ci soient complètement identiques.

Genre et nombre des rimes
Lorsque l'on veut créer en classique, il existe une autre règle pour les rimes.  Une finale féminine doit rimer avec une autre finale féminine, pareil pour les finales masculines.

Une rime féminine est une rime se plaçant sur mot qui finit par un "e" muet. A noter que les finales "pluriel" dont le "e" muet est le dernier son sont des rimes féminines.

Exemple :
Regardez-les, elles sont mortes
Elles sont ici à nos portes

Et eux les corbeaux les dévorent
Tandis que leurs âmes décorent

Un paysage froid et sombre
Où ne règne que la seule ombre

A noter que pour une raison de genre grammatical (expliquée plus bas), les rimes "dévorent" et "décorent" sont imparfaites.

Une rime masculine est une rime qui se termine par un son fermé. A noté que si le son fermé est suivi de "ent", il reste masculin.

Exemple :
Hélas, il nous fallait partir
Ou rester sur place et mourir

Nombre de soldats nous attendaient
Alors que tous disparaissaient

A noter que le deuxième exemple possède une rime imparfaite (pour la même raison qu'expliquée aux rimes féminines).

A l'instar de ce qui vient d'être expliqué, les rimes doivent rimer en singulier ou en pluriel.

Exemple :
Venu d'ailleurs, vint un prophète
Qui des révoltés prit la tête

Ensemble, ils conquirent les places
Et libérèrent les espaces


Dans le premier exemples, la rime est au singulier, dans le deuxième, elle est au pluriel. A noter que si un "s" termine un mot et que celui-ci est au singulier, la rime ne peut être considérée comme au pluriel, c'est une rime au singulier et elle doit donc rimer avec une autre rime au singulier.

Une dernière chose concernant ce point, l'alternance des rimes féminines et masculines. Après une rime (ou des, suivant la disposition du poème) féminine, doit succéder une rime masculine. Et vice-versa.

Exemple :
Les terres tremblaient tant et tant
Que les immeubles s'écroulant

Tombèrent sur des terres blessées
Gênant leurs mortelles poussées


Comme dit, suivant la disposition des rimes, ce sera une ou deux rimes féminines (ou masculines) qui seront suivies de une ou deux rimes masculines (ou féminines).

Genre grammatical des rimes
Il est déconseillé (voire interdit par les puristes les plus durs) de faire rimer deux mots de même genre grammatical, surtout si les deux rimes se suivent. Si l'on utilise donc, par exemple un nom commun, il ne faut pas utiliser à la suite un autre nom commun. On préfèrera un adjectif, un verbe, un adverbe...

Exemple :
Afin d'assouvir sa vengeance
Il s'arma d'une arme, une lance


Dans l'exemple, les rimes étant sur deux noms communs, elles sont donc imparfaites.

Exemple :
Afin d'assouvir sa vengeance
Il posa son âme en balance


Dans cet exemple-ci les deux mots sont de genre grammatical différent. Un nom commun et une locution adverbiale, la rime est donc correcte.

Disposition des rimes
Généralement, les rimes sont plates, croisées ou embrassées.
Les rimes plates se disposent suivant le schéma "aabb"

Exemple :
Ah ! Qu'il me tarde de vous voir
Je voudrais déjà être au soir
Et vous serrer très fort, heureuse
Au rendez-vous au bord de Meuse

Les rimes croisées se disposent suivant le schéma "abab"

Exemple :
Ah ! Qu'il me tarde de vous voir
Et vous serrer très fort, heureuse
Je voudrais déjà être au soir
Au rendez-vous au bord de Meuse


Les rimes embrassées se disposent suivant le schéma "abba"

Exemple :
Ah ! Qu'il me tarde de vous voir
Et vous serrer très fort, heureuse
Au rendez-vous au bord de Meuse
Je voudrais tant être à ce soir


Il existe plein de façon de disposer les rimes, mais il faut garder à l'esprit qu'à vouloir être trop original, l'on peut perdre en qualité. Donc, d'autres dispositions sont tout à fait permises (et d'ailleurs certaines sont codifiées) mais il faut être prudent.

Il est possible que j'ais oublié certaines choses sur les rimes, je repasserai éditer cet article si besoin.
02 Avr 2012
Admin · 69 vues · 0 commentaires
Catégories: Poétique
Les secrets
La chose qui vous bouffe est toujours au boulot,
Se nourrissant de l'âme, elle aime la faiblesse
Et son cortège noir, ennemi sans noblesse
Vous exhile esseulé sur un pervers îlot.

Vos cadavres puants sont tel un mort pâlot,
Sans vie et si vivant, il vous fouille et vous blesse ;
Sa faim est sans répit, un appétit de diablesse
Qui absorbe les coeurs au son d'un froid grelot.

Tout ce qui est caché, tout ce qui est tu
Est ainsi condamné, jeté comme un fétu,
Aux griffes des douleurs que l'on conçoit stupide.

Et les temps passeront à souffrir silencieux ;
Une obsession futile, étouffer le vicieux,
Ce qui fait nos secrets et notre âme turpide.
23 Mar 2012
Admin · 74 vues · 0 commentaires
Catégories: Poèsie
L'hôtel froid
Des murs ternes et froids au tapis délavé
Accueillent en leur sein quelques gens de passage
Qui dormiront, blasés, en rêvant d'un massage,
Dans un lit bien trop dur posé sur du pavé.

Une fenêtre grise et son carreau gravé
(un graffiti diforme, des dessins, un message),
Ne s'ouvre même plus sur un décor peu sage
Mèlant vieilles catins à l'homme dépravé.

Dans cet hôtel miteux, bruits et parfums putrides
Agressent un visage envahi par les rides ;
Tout n'est que cauchemar, une vie en erreur.

La vendeuse de mots fixe une tache ombrée,
Un moisi qui s'étend, une âme démembrée,
Jumelle de la sienne en son noir dévoreur.
23 Mar 2012
Admin · 61 vues · 0 commentaires
Catégories: Poèsie
Le sdf
Un bâtiment surplombe un sdf assis
Qui, sous un carton froid, attend une aube hostile,
Un nouveau jour sans murs dont l'éclat le mutile,
Des heures à chercher un bout de pain rassis.

Chaque jour pour sa peine, il quémande un sursis ;
Regardant les bourgeois dans leur plaisir futile,
Lui vient le désir, parfois, d'être aussi versatile
Et trouver un foyer, même en ruine et mal sis.

Mais il ne peut savoir, lui qui n'a que ce rêve
Que sous ces toits brillants, la joie est toujours brève
Et tous ces gens nantis ont leur propre prison.

Dans un de ces logis, un clan d'humeur badine
Accompagne en fausset une vie en sourdine ;
Le trouvère en ses lieux est aussi sans maison.
23 Mar 2012
Admin · 63 vues · 0 commentaires
Catégories: Poèsie
La casquette triste
Une casquette au sol attend triste et frippée
Tandis qu'un rossignol peine à trouver repas
La crasse envahissante accroche sous les pas
D'une dame avenante avant son échappée.

L'averse arrive et tache une veste rapée
Un clochard un peu lache et ne nous parlant pas
Est assis sur un pneu, si près de son trépas
Souffrant, il n'a qu'un voeux, en finir par l'épée.

De malsaines odeurs proviennent des taudis
Alors que le malheur pour ceux sans un radis
Blessent les indigents, fragiles et malades.

La poètesse errant dans ces faubourg miteux
Laisse entendre sa voix dans un long chant douteux
Soncoeur vide et sans droit n'est plus que mascarade.
28 Fév 2012
Admin · 61 vues · 0 commentaires
Catégories: Poèsie
Chaleur accablante
Un ciel plombé de gris m'écrase jour et nuit
Nul vent ne vient troubler sa nature pesante
Un corbeau nous soumet sa danse inamusante
Chapardant un air rare, au poison, qui nous nuit.

La chaleur nous abat et l'eau qui nous séduit
S'échappe dans l'éther, à la place, écrasante
La lourdeur qui assomme, en folle médisante
Avec le froid d'avant, son amant éconduit.

On geint après la pluie, alors que les abeilles
Lasses de travailler abandonnent les treilles
Et s'égrennent les temps, trop timorés, trop lents.

Sous un arbre amoindri dont l'ombre est inutile
Le forçat de la rime, au mot sombre et futile
S'étouffe à bout d'espoir dans ses aigres relents.
28 Fév 2012
Admin · 73 vues · 0 commentaires
Catégories: Poèsie
A mes mortes amours
A mes mortes amours, à mon corps qui perdure,
Je veux vous avertir : "Taisez-vous maintenant !"
"Vos cris accusateurs, qu'ils partent au ponant !"
"Par Dieu ! Oubliez-moi, sur la route, en bordure !"

Il est temps pour la paix, le calme et la verdure
Je veux trouver une aube, un rêve hallucinant
Où je pourrai me perdre, un lieu sans nul manant
Pour m'attirer vers lui, dans sa sombre froidure.

C'est un si bel espoir, mais un espoir trompeur
Que j'abandonnerai pour trouver la torpeur
D'une vie insipide, une mort imitée.

Le poète a ses vers, des mots extraits de l'âme
Qu'il nous soumet blasé car au fond, il nous blâme
Pour nos bonheurs normaux, pour son chemin hanté.
28 Fév 2012
Admin · 66 vues · 0 commentaires
Catégories: Poèsie
Le rêveur et la maison brûlée
Une maison brûlée expire sa fumée ;
On voit des murs noircis, squelette sans ses chairs,
Qui, perdus, impuissants, se dressent dans les airs,
Un cadavre exposant sa dépouille exhumée.

Les regards curieux de l'âme décimée,
Par la vitre explosée, à la lueur d'éclairs,
Peuvent jeter un oeil sur des restes trop clairs
D'une vie écourtée en plume inanimée.

La cendre chaude encore exhale son odeur
De flammes et de feu, ces monstres plein d'ardeur
Qui ont tout dévoré de leurs crocs tant avides.

Au centre du désastre est assis, abattu,
Le rêveur aux mots doux et son stylo s'est tu,
Muet tel sa maison, les deux finis, arides.
14 Fév 2012
Admin · 18 vues · 0 commentaires
Catégories: Poèsie
Porte close en nivôse
Porte close en nivôse et la neige entassée
Emprisonne la bête, emprisonne le mal ;
Plus rien ne peut sortir, on retient l'animal,
Mais le froid y a droit par la vitre cassée.

On entend les soupirs d'une âme tabassée
Par trop de coups du sort, à l'entrain anormal
Et coule très souvent un cours d'eau lacrymal
Qui innonde une joue à la douceur passée.

A l'abri de ces murs, règne un silence hideux
Qui pourrait se briser si on y était deux,
Mais on l'écoute seul, parmi nos souvenances.

La porte s'ouvrira, hélas, au gai printemps
Qui lâchera la bête, au dehors, pour un temps
Car il lui faut parfois exhumer ses souffrances.
14 Fév 2012
Admin · 77 vues · 0 commentaires
Catégories: Poèsie
Porte close, maison close
La porte verrouillée, aux planches vermoulues,
Refuse de s'ouvrir pour les passants pressés
Affichant une mine aux traits par trop blessés,
Signe d'un temps passé, d'époques révolues.

A l'abri des regards, on trouvait nos élues,
Ces quatorze catins aux beaux cheveux tressés
Qui promettaient, riant, des corps ravis, dressés
Et je rêvais, naïf, d'une page non lue.

Mais la maison est close et nos désirs perdus
Ne sont que souvenirs qui réclament leurs dus,
Insistants, insolents, violents et perfides.

Reposent sur le seuil, les débris désolés
D'une vie abimée aux charmes envolés,
Juste un battant fermé sur des regrets fétides.
14 Fév 2012
Admin · 84 vues · 0 commentaires
Catégories: Poèsie
Pages tristes
Une averse éclabousse une page écornée,
Un livre abandonné tout près d'un vieux bouleau
Agitant sa ramure en un sombre tableau
Qui décore un caveau d'une aile inanimée.

L'encre s'abime et coule, une unique trainée
Qui se démultiplie, effet malin de l'eau.
La nuit vient sur les mots, y glissant son rouleau
Et son coeur souffre, amer, telle une âme damnée.

A coté, ma maison jette une ombre au travers
De ces tristes tombeaux envahis par les vers
Et pareille au recueil, elle attend solitaire.

A l'instar du poète, un cafard affligé
Erre, égaré, sans but, sur l'espoir rédigé,
Ses sonnets s'effaçant, n'ayant plus qu'à se taire.
28 Jan 2012
Admin · 133 vues · 1 commentaire
Catégories: Poèsie

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