Une petite nouvelle que j'ai terminer d'écrire aujourd'hui. C'est un premier jet que je corrigerai et améliorerai certainement. En temps voulu, j'éditerai mon article avec la version finale.
Al avait peur. Tout ce qu'il désirait, c'était disparaître. Il n'était pas fait pour ça, il le savait mais s'était laissé persuader. Ses parents, sa sœur, ses amis, tout le monde s'y était mis.
Et tellement d'autres arguments pour qu'il accepte. De guerre lasse, il avait fini par céder et il se retrouvait là-haut en route pour cette folie.
Dans l'enclos, assis sur une selle qui lui semblait bien trop petite, elle-même posée sur l'héliocarn aux multiples ailes qui frémissaient de rage, il se sentait minuscule, encore plus chétif que d'habitude, insecte offert en repas à un volatile affamé.
Enfermé dans un enclos qui l'enserrait de toute part, la bête n'avait pas le moyen de remuer, seul son long cou avec une tête énorme à son bout balançait de gauche à droite, frappant les cloisons, les faisant craquer et n'en ressentant aucune douleur. Tous les muscles puissants de sa monture tremblaient de haine envers son cavalier qui en venait à se demander s'il n'était pas entré à son insu dans un des nombreux passages qui menaient aux enfers.
Al craignait pour sa vie. Ne racontait-on pas que peu d'aspirants-monteurs réussissaient l'épreuve de la montée de dressage ? C'était l'unique test imposé aux volontaires sans aucune période de préparation. On les hissait sur ces animaux et on les lâchait en plein ciel, au-dessus d'une cuvette entourée de rochers escarpés, crocs effilés, pointés vers une voûte orangée, près à se refermer sur cette immensité. Un tel site donnait déjà le vertige vu d'en bas et le gamin terrifié n'avait osé plonger son regard dans le vide de peur de renoncer.
Alors qu'un métayer prudent s'apprêtait à ouvrir la cage protectrice, il regrettait de ne pas avoir choisi cette option. Mais, à peine cette pensée lui avait-elle effleuré l'esprit, que les portes s'ouvrirent et la bête s'élança dans un bond rageur vers la liberté.
Le volatile furieux du poids sur son dos commença à zigzaguer en tout sens, tournoyer et se retourner espérant par ses mouvements désordonnés mais puissants se débarrasser de l'importun. Al s'accrochait de toute ses forces pour ne pas tomber mais il n'avait aucune idée de ce qu'il pouvait faire pour dompter cette créature.
Il tira violemment sur les rênes, exerçant par là une action sur le mors hérissé de pointes qui pénétrèrent dans les chairs de l'animal. Agacé par la douleur soudaine, celui-ci se cabra dans un geste violent qui faillit désarçonner son cavalier qui n'eut d'autre choix que de se rattraper à la crête qui longeait le cou de l'héliocarn et se séparait en deux pour suivre les flancs et la queue. Mais par cette action désespérée, il lâcha les lanières qui lui offraient un certain contrôle sur sa monture. Il se cramponna de plus belle conscient que ses forces ne lui permettraient pas de tenir longtemps. Affolé, il monopolisa son intelligence pour trouver une solution.
Un instant de répit lui permit de regarder alentour. Le paysage de toute part différent et pourtant toujours pareil ne lui laissait aucun espoir de s'en sortir en cas de chute. Des à-pics vertigineux formaient une barrière naturelle lugubre et menaçante avide de se repaître des pauvres inconscients qui avaient l'audace de l'affronter. Nulle part où portait le regard, il n'y avait de faille à exploiter.
Les juges se tenaient sur une plate-forme rocheuse, leurs trois yeux virevoltant en tout sens pour suivre ses pitoyables tentatives pour échapper à la mort. D'aussi loin qu'il se trouvait d'eux, il pouvait apercevoir un filet de bave coulant sur le menton de l'un d'eux, signe du plaisir qu'il ressentait à la vue des difficultés de l'aspirant. Il se demanda l'espace d'une seconde si le but de ces exhibitions n'était pas de satisfaire leur soif de souffrances et leur nature cruelle.
Sa famille et ses amis, au nombre de dix qu'il avait lui-même choisi, avaient pris position sur une autre terrasse pierreuse d'où ils pouvaient l'encourager. Ils les vit gesticuler, crier et le soutenir comme si leur propre vie en dépendait, ce qui, au fond, était un peu le cas et Al en avait bien conscience.
Poussé par cette évidence, il prit sa décision. Il fallait qu'il récupère les rênes. Après avoir retiré ses pieds des étriers et profitant que la bête soit plus calme, il passa sa jambe gauche par dessus l'harnachement. En amazone, légèrement déséquilibré, il craignit un instant de basculer mais l'héliocarn en pleine récupération n'en profita pas. Tremblant, il se laissa glisser sur la crête épaisse. S'agrippant au pommeau de la selle à en rendre ses doigts douloureux, il jeta un œil vers la tête de l'animal. Les lanières pendaient mollement à plus ou moins un mètre de lui et il allait devoir avancer de plusieurs centimètres pour s'en saisir.
Au moment où il tendait une main peu assurée, la créature se remit à cabrioler pour se débarrasser du poids qui la rendait furieuse. Al se sentit glisser, un pied se retrouva dans le vide. Au prix d'un violent effort de tout son corps, il réussit à reprendre aplomb.
Les rênes en sa possession, il lutta pour se replacer en selle.
— Mon Dieu ! Qu'il arrête de gigoter !
Lorsqu'il eut enfin rétabli une assise plus sécurisante, il poussa un soupir de soulagement. Cela coïncida avec un nouvel instant de calme relatif et il put ressentir le vent chaud qui soufflait violemment, ajoutant ses forces à celles de l'héliocarn, ne le rafraîchissant pas, augmentant même la touffeur qu'il sentait tout autour de lui. Cette chaleur à laquelle il n'était pas habitué le rendait nauséeux, des papillons noirs caracolaient dans son champ de vision, étourdissement précurseur d'un possible évanouissement mortel.
Il secoua la tête mais déconcentré par ce léger malaise, il relâcha la pression de ses jambes sur les flancs de l'animal, ses doigts se détendirent sur les courroies et le volatile devinant son instant de faiblesse en profita pour se retourner dans un mouvement brusque qui surprit le jeune garçon.
Une fraction de seconde plus tard, décontenancé, il ne sentait plus le corps robuste de la bête. Il tourna les yeux et l'aperçut qui s'éloignait ne faisant plus aucun cas de son piètre cavalier. Il regarda sous lui le sol qui se profilait à une distance encore considérable.
La chute fut longue, accompagnée d'un cri d'extase des juges ravis de la tournure que prenait l'événement. Plus ténues étaient les plaintes de désespoir de ses proches. Et pourtant, ce furent elles qui se marquèrent profondément dans son esprit.
Au fur et à mesure des mètres qui le rapprochaient de la fin, il eut le temps de penser à ce qu'il adviendrait de sa famille. Lui, finalement, s'en sortait plutôt bien. La mort était un destin parfois appréciable.
Des mots ou une pensée, il ne savait trop. Tout le temps que dura sa lente descente vers les rocailles qui l'attendaient avec impatience, il imagina leur avenir.
Ses parents et ses amis seraient ramenés avec tous les autres prisonniers, entassés dans des enclos à ciel ouvert, puant la souffrance et la maladie, le désespoir aussi. Il le savait, il y avait vécu. Au bout d'un temps, les Altéens viendraient les chercher sans qu'ils aient aucun nouvel espoir d'échapper à leur sort. Il n'y avait que lui qui aurait pu les sauver. Son poids très léger lui avait permis de postuler pour monter les héliocarn. Leurs bourreaux, masse épaisse de plus de deux cents kilo, en étaient incapables. Mais l'avantage procuré par la maîtrise céleste leur était indispensable dans leur marche ininterrompue vers de nouvelles conquêtes.
S'il avait réussi, sa vie aurait été sauve et il serait sorti des enclos mais il aurait aussi garanti l'avenir des siens. Chaque cavalier aidait dix personnes qu'il choisissait, dix personnes assurées de vivre.
Maintenant, ils finiraient comme tous les autres êtres humains. Dans un convoi, pour une marche harassante qui en verrait succomber une bonne partie. Ceux qui arriveraient à destination seraient à nouveau parqués en masse. Et jour après jour, leur nombre diminuerait.
Ne disait-on pas que l'humain bien préparé était un délice pour les Altéens.
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17/11/2009 @ 09:52:05
par Admin
Très beau poème! "En cadeau du destin, ...
17/11/2009 @ 06:06:47
par Eberen
Jolie réponse qui m'amène un sourire ...
12/11/2009 @ 20:18:39
par Admin
Il suffit de l'écrire Ce blues qui ...
12/11/2009 @ 20:15:36
par philco78
Bonne journée à toi ...
26/10/2009 @ 08:59:57
par alfred5657
Zut de zut ! Ce n'est ...
25/10/2009 @ 11:09:30
par Admin
Bonjour Madame, Juste un tout petit problème ...
25/10/2009 @ 09:47:51
par alfred5657